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Atteintes à la probité : la corruption poursuit sa progression en France

  • 4 juin
  • 2 min de lecture

L’Agence française anticorruption (AFA) et le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) ont publié leur bilan annuel des atteintes à la probité pour l’année 2025. Les chiffres révèlent une progression continue des infractions liées à la corruption et aux manquements à l’intégrité dans la sphère publique comme privée.


Les atteintes à la probité regroupent plusieurs infractions pénales particulièrement sensibles : la corruption, le trafic d’influence, la concussion, la prise illégale d’intérêts, le détournement de fonds publics et le favoritisme.


En 2025, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 1 125 infractions d’atteinte à la probité, contre 968 en 2024, soit une hausse de 16 % en un an. Plus largement, le phénomène a progressé de 45 % depuis 2022, confirmant une tendance haussière observée depuis plusieurs années.


La corruption demeure l’infraction la plus représentée et la plus dynamique. Avec 451 faits enregistrés en 2025, elle connaît une augmentation de 35 % sur une seule année. Cette progression explique une large part de la hausse globale constatée par les autorités.


L'étude met également en lumière l'importance du « chiffre noir » de la corruption. Selon l'enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité », près de 188 000 personnes déclarent avoir été confrontées à une situation de corruption dans leur environnement professionnel en 2023. Pourtant, moins de 1 % des personnes concernées indiquent avoir déposé plainte, ce qui laisse supposer que les statistiques pénales ne reflètent qu'une partie du phénomène réel.


Le rapport souligne également que la corruption dans le secteur public représente près des deux tiers des faits de corruption recensés sur les dix dernières années. Les affaires impliquant des élus demeurent quantitativement limitées mais enregistrent la progression la plus marquée, avec une augmentation de 88 % entre les périodes 2016-2020 et 2021-2025.


Selon les auteurs de l'étude, cette hausse résulte à la fois d'une meilleure détection des infractions, favorisée notamment par les dispositifs issus de la loi Sapin II et le développement de la culture de conformité, mais également d'une augmentation réelle des faits constatés.


Ces chiffres rappellent l'importance pour les collectivités territoriales, établissements publics, entreprises et élus de renforcer leurs dispositifs de prévention des risques de corruption, de contrôle interne et de conformité. Au-delà de l'enjeu pénal, la probité constitue aujourd'hui un impératif de gouvernance et un facteur essentiel de confiance dans l'action publique. Il importe de rappeler que ces infractions portent directement atteinte à la confiance des citoyens dans les institutions et au bon fonctionnement de l’action publique.


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